Une Salamandre en Ardèche

Post date: May 4, 2010 9:06:07 AM

Au départ de cette 16ème édition du Trail L'Ardéchois, Louis Chantre nous annonce que les conditions météo devraient être propices aux bonnes performances : pas de pluie et une température idéale.

Mon ami Gilles et moi avons bien étudié le profil de la course et lu pas mal de récits dont celui de Philippe, nous partons donc tout en douceur car le début est costaud : 10km d'une longue montée. Le rythme est tranquille et la foule de coureurs assez dense. Nous passons les éoliennes. Pour ma part tout roule. La descente vers le Château de Roche-Bonne est un vrai régal, paysages magnifiques ! Par contre, après la cascade, le parcours devient très technique et assez rude. En remontant sur le premier ravito, je distance un peu Gilles. Il me rejoint assez vite mais il traverse un passage difficile. Nous repartons et je le distance à nouveau. Physiquement je suis bien mais plutôt inquiet : 3h15' pour atteindre ce ravito au km22... C'est pas gagné !

Maintenant seul, je me câle sur un bon petit rythme. Je croise ma femme sous les éoliennes, ça fait du bien ! Je continue à dérouler. Je me sens toujours très bien et je continue à courir dans les montées (quand c'est humainement possible) en me disant que, tant pis, je fais ce que je peux tant que je peux et on verra bien. Juste avant le 2ème ravito, Gilles me rejoint grâce à sa vitesse en descente impressionnante. Cette fois, je ne l'attend pas et je repars rapidement, je commence à me prendre au jeu : je veux finir en moins de 8h ou en tout cas tout faire pour ne rien regretter. Je reprend donc mon rythme. Plus loin, juste avant le troisième ravito, je retrouve de nouveau ma petite femme et là je suis de plus en plus pris dans la compét', je lui lance "ça va être chaud pour les 8h" et je file, trop préssé ! J'ai passé le marathon en 5h56' ! Au ravito, juste un petit plein du camel, 2/3 étirements et j'attaque la dernière montée.

C'est la dernière difficulté (et pas la moindre !) et, à mon grand étonnement, après déjà 45km, j'ai encore du gaz alors je donne tout pour ne pas perdre trop de temps. Je double beaucoup de monde. Arrivé en haut, après le passage mythique où il faut s'aider des mains (!), au milieu des ruines magnifiques du Château de Rochebloine, je retrouve tout le monde : mes beaux-parents, ma femme et mes petits loups ! Je descend du château avec mon grand Marius, c'est le bonheur ! Plus loin un gars me lance : "Plus que 9km !". Petit coup d'oeil à la montre : 6h40' = 1h20' pour finir sous les 8h... Bon sang ! C'est jouable !!! Et c'est parti pour une descente au taquet. J'ai mis le Polar sur vitesse et même dans les faux plats, je m'oblige à rester au dessus de 9km/h. A Nozière c'est l'euphorie, je sais que ça va le faire ! Le "gaz" est toujours là et je continue à envoyer. Arrivé sur la route, reste plus que 600m, j'envois tout, Clo est encore là, j'ai la banane et je passe la ligne. Coup d'oeil au chrono, je n'en crois pas mes yeux : 7h29'43'' !!! Ouach ! Enorme ! Un grand grand moment !

Finalement, mon temps officiel est de 7h32' pour une 221ème place sur 431 arrivants. Louis Chantre avait vu juste, Julien Chorier remporte cette édition sur un nouveau record : 4h38' ! Chapeau !

Le récit (encore plus) complet est .