Ironman France Nice 2010

Post date: Jul 2, 2010 7:28:15 AM

Le 27 juin dernier, 3 Salamandres étaient au départ de l'Ironman France Nice. La journée s'est vraiment très bien passée puisqu'à l'arrivée, ils étaient tous là : Romu avec son temps canon de 9h45', Rémy qui boucle son 9ème Ironman (sans compter le double du Fontanil...) et Ludo qui est allé au bout de sa première tentative et est maintenant un "Ironman" lui aussi ! Bravo à vous 3 ! On est vraiment fiers de vous !!!

Le récit de Ludo

Bien voilà... ça c'est fait !

Je ne sais pas par quoi commencer si ce n'est un mot... magique ! La journée s'annonce longue et chaude. Cette distance est une découverte mais aussi un rêve. La veille pour la dépose des vélos je retrouve Romu qui semble dejà dans la course et essaye de me décontracter en me disant que le métier a été fait. Bref... La nuit est courte et pour tout dire... pas bien dormi. J'ai dû faire trois fois la course au moins ! Donc réveil... 4H00... café... gatosport... et direction la plage pour 5h00. Les derniers préparatifs... bidons vélo... gonflage pneus... mise en combinaison et nous voilà à 6h30 pour l'entrée ! Je me place dans le sas des -1h25' pour les 3,8km de nage.

Le départ... je comprends rien... une machine à baffes ! Bref j'avance mieux que prévu et même parfois je rencontre des personnes à contre sens ! Bien, je me cale sur le rythme et ça passe tranquille... 1h24'. Transition pépère récup sac, chaussette, gatosport et hop, c'est parti pour la ballade !

Merci pour la reconnaissance du mois d'avril, ça aide. J'écoute les conseils de Romu : toujours rouler en en gardant sous la pédale ! Le décor est splendide et j'avance, un peu dans les roues mais parfois beaucoup trop de monde pour faire autrement ! Les kilomètres défilent et je me sens bien... Je bois régulièrement, gels, coca... Et au km 120 le petit incident : je perds mon bouchon de guidon ! Merci Laurent mais je vais devoir revenir te voir ! Bien sinon, les 60 derniers km sont très rapides et j'en profite pour m'étirer et commencer à penser à la course à pied. Je pose le vélo en 6h15' et suis plutôt content. Je pensais faire 6h30' et en plus je suis bien.

Sur les conseils de Rico je ne pense surtout pas à la Despé et attaque mon premier tour sur un petit rythme : 10km/h. Et là je commence à fléchir et me dire que les 3 autres tours de cette "promenade des Anglais" va se transformer en chemin de croix sous une chaleur de plomb. Les heures défilent et j'avance... enfin... je marche et j'ai surtout l'impression de passer toujours au même endroit ! Bien à la fin de mon 3ème tour je commence à reprendre goût et fini assez bien... sentant la fin et l'adrenaline monter, ça me booste ! Je bois tous les 2km, coca, tucs salés... et je passe le panneau des 40km avec un plaisir fou ! Je sais que je vais être finisher, mon objectif, et même passer sous les 13h !

Je repense à plein de choses :

_ Le stage en avril à Saint Raphaël

_ Le Multriman

_ Les dimanches matins à la piscine

_ La montée de Saint Nizier en fractionnée

_ Les sorties avec Romu... Rémy

_ Ma femme... mon fils...

Voilà... Je passe la ligne et une sensation de bien être me gagne !

Merci à ma famille pour m'avoir accompagné et soutenu.

Merci à Romu pour tes conseils et tes sorties de dingue. Tu m'en as fais baver mais voilà. Tu la merite ta qualif !

Merci à tous les membres du club pour votre soutien et vos encouragements !

J'ai souffert mais c'est une aventure magique que je recommande à tout le monde !

J'y ai pris goût et il ne serait pas impossible que j'y retourne en 2011 !

Ne serait-ce pas le début des symptômes de la maladie de Rico ?

Ludo

Le récit de Romu

Une journée chargée en sport ! Mon objectif tri-athlétique de la saison était l'IRONMAN FRANCE NICE le dimanche 27 juin avec au bout peut être la qualif' pour le triathlon d'Hawaï. Et quelle journée !

Avant tout je remercie mon épouse et mes filles pour leur patience et leur compréhension. La préparation d'un Ironman demande un gros investissement sur le plan physique et psychologique. La famille a un rôle important sur notre préparation et notre bien-être. Un grand merci à tous mes camarades du club pour les entraînements. Cela n'a pas était toujours bien drôle mais que de bons moments passés ensemble à pied ou sur le vélo. Spéciale dédicace à Johnny pour ton investissement au niveau de la planification natation pour le club (je progresse encore !).

Bon cette course... Levé à la Johnny avec petit déj rien d'extraordinaire : café, pain confiture + 1/3 de gatosport. J'ai passé une bonne nuit, même pas fait la course ! Je me dirige seul vers le parc à vélo, la famille est encore couchée. Bon, le vélo est toujours à sa place et tout le monde est déjà dans sa bulle. Un petit coucou de Ludo qui a déjà fait trois fois la course cette nuit... Fermeture du parc à vélo à 6h. Je me rends dans le sas des -55' pour le départ natation et là, surprise, je rencontre Jérome Martel ( valence tri ) en première ligne. Ca fait du bien de rencontrer quelqu'un qu'on connait pour échanger des banalités et faire passer les vingt minutes avant le départ. Départ dans 1', je suis en première ligne "tout doux bijoux", la journée va être longue...

Le départ est donné et, curieusement, je ne suis déjà plus en première ligne (les sauvages !). Je laisse un morceau de majeur pendant la bagarre sur 200m puis le calme revient curieusement ! Les sensations sont bonnes (merci Johnny). A aucun moment je ne suis dans le rouge. La première boucle de 2400m se termine avec cette sortie à l'australienne, le chrono indique 37' : "c'est tout bon, je suis dans mes prévisions". Je replonge pour effectuer la dernière boucle de 1400m sur le même rythme dans un petit groupe. Fin de la natation, je sors en 59'30" et frais ! Le changement fut éclair, prise du casque et du dossard.

Départ du vélo pour les 180 km avec une grande interrogation : "les jambes sont-elles là ?". Le départ est un peu bordélique ! Effectivement, quand tu lances 2600 triathlètes d'un coup ça fait du monde sur la route. J'applique les conseils de Jérome Martel que je double au départ du vélo "sur les 20 premier kil : pas d'affolement laisse passer les fusées !". Je me cale donc à vitesse et fréquence cardiaque prévus. Ca déboule de partout !Voir même dangereux ! Et là, ma course va changer de stratégie : devant moi le dossard 29, une femme, Madame Tine Deckers. Je décide de baser mon parcours vélo sur elle. L'allure n'est pas super soutenue et cardiaquement je suis toujours vers les 80%. La première bosse arrive (500m à 10%), pas de panique tout à gauche et je monte souple. Tine est 5Om devant. Virage à gauche et, surprise, plus de Tine : "elle est où !?! Et merde !". Je tombe les dents et relance, effectivement la cliente a bien relancé ! La côte de Gattières se passe sur un bon rythme mais toujours en souplesse, les kilomètres défilent et je pense bien à m'alimenter. La descente sur Tourette-sur-Loup se fait à vitesse grand V (elle me décroche sur 100m !) : "Elle envoie fort la cliente en descente !". Début de la difficulté principale : la montée sur le col de l'Ecre, 21 kilomètres d'ascension. Je reçois les encouragements d'Isabelle à Bar-sur-Loup et je suis vraiment bien. Je pourrais sûrement monter plus vite mais non, je reste dans ma ligne de conduite : rester avec Tine Deckers. Première surprise : tiens ! Nous dépassons Chip Van Halen (vainqueur du Multriman !). Il n'a pas l'air au mieux. Pendant la montée une question se pose, mon ravito perso en haut du col : "je prends ou je prends pas ?". L'ascension se passe sans problème, je suis vers les 80% et souple (vive les séances dans Saint Nizier). Je passe le col en 2h24'. Prise de mon ravitaillement perso en laissant partir mon poisson pilote : "je vais la rattraper". Le ravitaillement fut rapide, moins d'une minute je pense et me voilà à la poursuite de Tine Deckers. Bonne boulette ce ravitaillement ! Il m'a fallut 20 kilomètres pour rentrer sur elle ! Elle envoie comme une dingue sur les faux plats descendants et les descentes. Bon, je suis enfin rentré. La côte de Saint Pons se passe comme le col de l'Ecre : en souplesse. A ce moment de la course TINE est deuxième derrière Johanna Daumas. Moment stratégique : l'aller/retour sur le col de Vence. Tine Deckers passe en tête de la course. Elle l'a déposé ! Impressionnante de puissance. Les choses se gâtent, je me fais décrocher sans rien voir venir. Elle est partie en facteur ! Je me pose la question : "il me reste environs 60 kil à faire en profil descendant, je tente de recoller et vu comme elle envoie c'est pas sûr de rentrer ou je reste sage ?" Je prends la deuxième décision et la laisse partir : "merci pour tout Madame Tine Derckers" Les 60 derniers kilomètres se passent tranquillement en pensant déjà au marathon. J'attaque le retour sur Nice. Plus que 20 kil avec le vent dans le nez. Je suis seul depuis un bon moment. Un gars de Nice Triathlon me passe : "je me cale à 10 m et gagne 1 km/h", puis un deuxième gars nous rattrape : "gain de 2km/h" ! Magnifique ! Moi qui ne voulait pas me taper 20 bornes seul avec le vent dans le nez. Le retour sur Nice se passe sans soucis, je vois déjà des gars sur le marathon. Temps vélo 5h14' : yes ! Je suis toujours dans les temps. Transition comme à la télé : tu sautes du vélo, tu donnes ton vélo en courant à un bénévole qui le range, et tu cours vite te changer. Et bien quand tu sautes du vélo après 180 kil et que tu cours direct, ça fait bizarre aux jambes ! Tu te demandes comment tu vas courir un marathon. Récupération du sac CAP et transformation en marathonien.

Les jambes répondent toujours présentes, peut être trop... Effectivement je passe le premier 5 kilomètres en 2O' : beaucoup trop vite ! Trop tard, je suis sur ce rythme. 20ème kil en 1h28'. Les choses vont se gâter entre le 30 et le 35ème kilomètre : apparition de vertiges, tête qui tourne et par deux fois crampes au niveau des ischios. Je suis vraiment plus en super forme, j'alterne étirements, marche, course. Au ravitaillement je prends tout ce qui me tombe sous la main. J'arrive au 35ème kil : "allez ! Sors toi les doigts, il ne reste plus que 7 kil !". Je repars sur un petit rythme que je maintiens du 35ème au 40ème et, là encore, retour de manivelle à 2 kilomètres de l'arrivée : je marche ! "Allez, c'est fini 2 kilomètres et c'est terminé !". Je repars en trottinant jusqu'à cette fameuse ligne d'arrivée : 3h24' pour faire ce marathon. Le chrono indique 9h45'25" et je suis 47ème au général ! Incroyable : à 25" prêt le temps que je voulais mettre !

Après un passage dans la tente des médecins pour une remise en état : petite perf et magnésium, je retrouve Rémy chez l'ostéo et au massage. Quelle course ! Bonne préparation et en forme le jour J.

La surprise du lundi : à 14h avait lieu la remise des slots pour Hawaï... Et oui, en terminant 14ème de ma Cat, ça va être chaud ! Le dernier qualifié l'année dernière était en 9h50'. Je me rends donc à cette cérémonie histoire de voir comment ça se passe, mais peut-être que... Un grand moment quand le speaker prononce mon nom et me dit que je suis qualifié pour le mythique triathlon d' Hawaï ! Mais bien sur que je la prends ma qualif' pour Hawaï !!!

Romu