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Philippe est un Embrunman !

publié le 31 août 2010 à 02:53 par Stéphane G.   [ mis à jour : 2 sept. 2010 à 02:36 ]
Août 2008, je termine l'UTMB dans le dur et je me dis que le triathlon ne devrait pas être trop mauvais pour mes vieux os, à la condition de mettre la cap en veilleuse, et accessoirement d'apprendre à nager. Bref, je me donne 2 ans pour terminer un truc que j'ai longtemps considéré comme irréalisable : Embrun (I had a dream)

Février 2009, je remplace mon vieux Decat par un vrai vélo mais constate rapidement que c'est plus le bonhomme que le vélo qui fait le cycliste...

Septembre 2009, achat de la combi et 1er tri, un CD : inscrit en individuel, je découvre la machine à laver, constate qu'en vélo c'est pas encore ça et que courir après avoir nagé et pédalé ne s'improvise pas... 1 an a passé et je mesure le chemin qu'il reste à faire avant de pouvoir espérer faire bonne figure en 2010.
 
Un échange de mail avec "El présidente" et je décide de m'entourer de pros ! Je me souviens encore de la 1ère scéance de nat un mardi soir où j'avais donné du fil à retordre à Louis avec mes défauts accumulés au fil des années...
 
14 août, j'arrive sur place normalement fin prêt, ça caille, il pleut et je m'apercois que j'ai été un brin optimiste coté tenue vélo : bref, au dernier moment je décide d'enfiler un tee shirt technique manches courtes sous la tri fonction : c'est pas sexy mais bon ! Avec les manchettes et un imper léger (de chez le vendeur de rustine), c'est le minimum syndical mais ca devrait le faire...
 
Nuit sous la tente et sous la flotte à ruminer "s'il pleut demain matin, je reste dans mon duvet". Coup de bol, 4h30, il fait frais (<10°c) mais la pluie a cessé... J'ingurgite un Gatosport et un café puis direction le parc à vélo, bien humide...
 
15 août, le jour J est arrivé : mon objectif est simplement de finir. Coté timing j'ai des idées même si ça ne correspond par vraiment à un plan de marche : 1h15' en nat, 9h en vélo, 4h45' en course à pied, 15' pour les transitions... pour un temps qui devrait être compris entre 15h (si tout va bien) et 16h (galère course à pied)...
 
6h, départ de la nat, je me mets sur le coté droit (extérieur) au 1er tiers de la masse et je trouve très rapidement le bon rythme. Malgré le temps couvert et le jour à peine levé, on y voit assez bien en fait... Je sors de l'eau en 1h06', un peu surpris par ce temps (je ne serais pas surpris qu'il manque 200m environ)... La transition T1 est catastrophique, je passe 11' dans le parc sans m'en rendre compte, perdant tout le bénéfice d'une natation inespérée...
 
Allez hop ! C'est parti pour le vélo. A peine lancé dans les premières pentes vers Réallon (500mD+), ma selle bouge et je suis obligé de sortir la trousse à outil... Ggrrrr... Il fait vraiment frisquet et j'apprécie les manchettes ! 1ère ascension très en dedans. Dans la descente sur Savine, un coureur est sorti dans un virage et est en train de se faire évacuer en hélico (ça refroidit). La boucle de 40km, avec retour à Embrun est effectuée en 1h45'... Je continue à gérer le vélo, ayant décidé de repousser le plus longtemps possible le moment où la fatigue s'installe et dérègle la machine, le tout en gardant un oeil sur la barrière horaire de l'Izoard quand même... Bref je fais la montée sur Guillestre tranquille, puis les gorges du Guil ou je fais gaffe de ne pas me faire "cartonner" par un arbitre trop zélé (globalement, j'ai vu très peu de drafting sur Embrun). La montée de l'Izoard arrive, 15km pour 1100m de D+, on approche des 80 bornes de vélo et ça n'est plus aussi facile... La partie Arvieux/Brunissard est vraiment très difficile. Casse Déserte permet de se refaire une santé et les 2 derniers kilos sont de nouveau assez pentus... J'arrive au col à 12h15 (barrière horaire à 13h10), il fait 4° ou 5° là haut. Bref le ravito express effectué j'attaque la descente en ayant pris soin de mettre mon coupe vent... A Briancon, on a droit à un rayon de soleil bienfaiteur... Par contre le vent annoncé (30 à 40km/h en rafale) est bel et bien présent et on va se le taper toute la redescente sur Embrun... J'ai mémorisé les points difficiles restants : sur Embrun, l'Izoard fait le travail de sappe, et les montées des Vrignauds, du Pallon et de Chalvet finissent le boulot... Un autre truc difficile et qui parait dérisoire c'est le 8km de 188km... En partant sur un IM, on est cablé sur 180km... Et là, quand tu comptes les kilos qui restent, tu oublies toujours les 8 derniers qui sont terribles !!! Le temps se couvre sérieusement et on frole les orages qui s'abattent sur l'Oisans, prenant quelques gouttes de temps à autre... La montée du Pallon est vraiment un très mauvais gag : 2km tout droit à 12/15%. Je suis planté à 8km/h... Les 30km suivants sont à peu près plats et je me prépare psychologiquement pour Chalvet (le juge de paix) en en gardant sous la pédale... En fait, je ne l'ai pas trouvé si difficile (12 à 13 km/h la plupart du temps) mais peut-être est ce la perspective de l'écurie qui m'a donné des ailes !!! Bref à environ 16h me voilà revenu dans le parc à vélo (1H15' avant la barrière horaire), temps vélo tout compris de 8h38' (dont 20' d'arrêt à mon compteur)...
 
T2 (6') plus court que T1, je vire le tee shirt, ne garde que la tri fonction et prends le coupe vent vélo light dans la poche au cas où... Le parcours comprend 2 boucles et c'est loin d'être plat (400m D+ total)... Courir au bord du lac, puis dans les rues piétonnes d'Embrun est sympa en raison du très nombreux public... Je marche dès que ca monte, ne loupe aucun ravito, en profite pour marcher également 30', le reste du temps sur le premier tour j'arrive à maintenir un rythme de 10.5/11 km/h... bref je termine le 1er tour en 2h10' déjà dans le dur. J'ai notamment de plus en plus de mal à me ravitailler, payant certainement le prix d'une alimentation trop orientée sur les sucres rapides (boisson énergétique, coca...). Je sens que je pourrais aller plus vite, par contre, l'hypo n'est pas loin (ravito bloqué dans l'estomac, je ne peux plus rien manger et me force à boire du coca à chaque ravito). Donc j'aborde le second tour un peu moins vite (en moyenne 1' de plus à chaque kilo) histoire d'essayer de taper dans les lipides... Je commence à compter les kilos restants... Le temps se gate franchement et au km 30, on est pris sous un gros orage qui raffraichit sacrément l'atmosphère, le genre de conditions météo dont on se serait passé à ce stade de la course... Je continue à pouvoir trottiner, seule issue de toute façon pour se réchauffer... On traverse la Durance pour aborder le retour vers Baratier, km 34, km 35, km36... Le plus dur est fait, le profil restant étant désormais descendant/plat... La nuit tombe doucement, la pluie s'est arrêtée... Je shinte le dernier ravito au 40ème... Ces derniers kilos sont trop bons, la perspective de devenir finisher efface toute douleur... 500m de l'arrivée, mon pote Damien (13h28', douché et rhabillé) est là pour m'accueillir, dernière ligne droite, petite larme et passage sous l'arche en 14h49', happy end !
 
Au final je fais mieux qu'espéré en natation et vélo. Avec 4h45' sur le marathon, je suis plutôt sur la fourchette basse de prévision, mais le parcours n'est vraiment pas évident... Et puis le chrono de toute façon passait après.
 
Coté perf, il y avait moyen d'aller chercher les 14h, en gérant un peu moins le vélo que j'ai fait en dedans sur les parties les plus roulantes, en améliorant les transitions et en étant à bloc sur le marathon, mais bon tout ça au détriment du plaisir que j'ai pris sur la plus grande partie de la course...
 
Je voulais finir ce long récit en remerciant :
  • Johny et Louis pour les plans d'entrainement et les conseils en nat qui m'ont permis de maitriser la nat ce 15 août
  • Les Salamandres pour leur humour et l'état d'esprit du club
  • Rémy pour son implication et l'énergie qu'il met dans le club depuis un paquet d'années
  • Mes "sparrings partners" vélo (Romu en tête) dont je n'ai souvent vu que la roue arrière, mais qui m'ont permis de progresser ces 6 derniers mois
 
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