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Duathlon longue distance à Zofingen, Suisse.

publié le 9 sept. 2012 à 10:04 par Sébastien E.
La semaine dernière avait lieu 2 grandes courses, le duathlon longue distance à Zofingen, Thierry était bien présent et la CCC trail bien connu ou Olivier s'est surpassé pour arriver au bout de cette épreuve.

Voici leurs ressentis:

Thierry


3 ans après l’avoir fait une première fois, j’avais donc cela dans le viseur comme gros objectif de l’année : Zofingen, seul long qui me soit éventuellement accessible, puisque… pas de natation !... et un calendrier, début septembre, permettant de mettre à profit les vacances d’été côté entrainement.

Mais après avoir vérifié en 2009 qu’il ne faut pas se présenter trop juste sur ce genre d’amusement, j’avais quelques doutes, car ayant aussi mis au programme la 6000D fin juillet, donc ayant pas mal couru en juin, mais bien peu roulé.

750 bornes en août, avec pas de bobos particuliers (doublé du fait que j’avais promis à quelques collègues de les accompagner, même en spectateur…), me décident finalement.

Après un périple sans encombres, nous voilà donc ce samedi après midi de retour en terre suisse, dans la « capitale mondiale » du duathlon (sic !), mais sous une pluie bien dense et continue. Donc calme plat, les animations ont été pour la plupart annulées. Heureusement, la pluie est sensée laisser place à un temps gris mais à peu près sec le lendemain.

La pasta, comme d’hab, se déroule dans la ponctualité et l’ordre (cossu) helvète : on n’est pas dans un hangar en tôle, loin de là, mais par contre, en se pointant 20’ après l’ouverture, on est quasiment les derniers, fonds de gamelles ! Spectacle et autre défilé de drapeau des 28 nations représentées, ça va être drôle le lendemain, puisque la labellisation championnat du monde ITU fait que cette année, de grosses délégations lointaines (Afrique du sud, USA, Nouvelle Zélande…) sont très représentées. Et plus de monde au global, env. 350 à 400 inscrits sur le long. Remise de médaille aussi, à quelques extraterrestres (relevant sans doute de la psychiatrie de l’addiction), qui ont bouclés 10 fois ou plus le « powerman », et seront bien entendu là le lendemain, franchement pas tout jeune pour certains.

Puis dodo dans un des dortoirs mis à disposition par l’organisation (à 20 m de l’aire de transition…) : comme d’hab, on est à l’aise (7 personnes pour 50 places), par contre pas de chance, on tombe sur un allemand scieur de bûches, qui tombe bien 2 stères dans la nuit. Boules Quies de rigueur, et tout se passe bien.

6h, on jette un œil dehors, et un peu rassuré, la pluie a bien cessé !

Départ des filles à 8h, on se tâte sur l’habillement à prévoir, vu qu’il fait pas plus de 10° le matin, et que le temps reste menaçant. Je la joue donc prudent, poches bien pleines au cas où (bah, ça ne me servira finalement pas, on peut pas gagner à tous les coup…). Et c’est notre tour à 9h.

Je me conforme à peu près à ma stratégie de partir un peu moins vite qu’il y a 3 ans, et je boucle les 9,2 premiers km de CP, en ayant géré, en 41’ (au lieu de 39…). Parcours inchangé, donc toujours pas plat : une bosse très raide au départ (on prend un peu plus de 100 m) puis une longue descente dans les bois, 2 fois.

Transition tranquille pour ne rien oublier, et c’est parti pour 3 tours de 50 bornes. Finalement il ne fait pas trop froid, et comme déjà constaté il y a 3 ans : nos amis allemands et suisses (qui sont le gros des participants), dans l’ensemble cavalent moyennement, grimpent moyennement en vélo, mais envoient du bois monstrueusement dès que les faux plats sont là. Sur un tri en France, je suis à peu près homogène entre CP et vélo, ici je me fais doubler constamment et pas qu’un peu, surtout durant le premier tour, sauf dans les bosses, où je repasse chaque fois quelques concurrents, mais globalement, je redescends de 70 ou 80 places….

Au niveau sensations, bizarrement, le premier tour est quasiment le plus pénible (gérer pour en garder, et psychoter sur le fait qu’on déjà mal de partout). Puis le 2e tour se passe pas mal, sans effondrement du temps (1h45 contre 1h37), et dans le 3e tour, l’expérience précédente aidant, je sais où ça va être dur, ce qui adoucit le truc... Je finis donc le vélo assez content, pas trop démoli, et quasiment dans le même temps qu’en 2009 (5h11 contre 5h09).

Reste les 30 bornes à pieds, mais je sens que ça va le faire. Transition sénatoriale, pour mettre les machins de compression, et c’est parti : 2 bornes de montée, puis redescente vers un plateau sur lequel on tourne pendant 5 bornes avec divers talus, assez interminables et assez casse patte (pas loin de 300 m D+ par tour), jamais moyen de tenir un rythme régulier. Demi tour à 7,5 km (et avec les suisses, la distance y est bien, 30 tout rond à la fin), la même dans l’autre sens (tout ce que tu as descendu, tu le remontes, et là ça fait mal), pour retourner dans l’arène de départ. Tout va pas trop mal, sauf le ventre qui s’excite un peu au bout de 10 bornes. J’essaie de continuer à m’alimenter, coca, kiri (gastronome, quoi), et ça n’empire pas. Du monde sur le parcours, avec constamment des hop hop, donc bonne ambiance, et bon signe, là je double. Je finis le 2e tour content, presque au même train que le premier (1h17 puis 1h20).



Au global je boucle en 8h37, soit une grosse minute de plus qu’on 2009, régulier va-t-on dire ! et 183e sur environ 340.

Bilan :

- Ici, ne jamais se fier à l’apparence (âge, look, carrure…) car je me fais éparpiller notamment par des vrais anciens, ou des gars qui ont l’air de joggers du dimanche !

- Finalement, ça passe avec une prépa régulière mais avec peu de volume (juste un peu sur 2 mois avant), et ça se joue quand même pas mal dans la CP finale, donc merci la 6000D,

- Dès le lendemain, t’as envie d’y retourner (cf. « problème d’addiction »…). Mais je me soigne, l’année prochaine ça sera sans doute sans moi pour cause de déménagement…

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Olivier

J'ai séché alors je raconte un peu. Donc la CCC c'est la grosse moitié nord de l'UTMB, tour du Mont Blanc, Courmayeur Champex Chamonix. Voilà longtemps que ça me tannait, 2010 j'avais abandonné la Sainté Lyon sur faute d'alimentation la veille plus hernie donc pas de point qualif' nécessaire j'avais assisté Rico et Rémy, sous la flotte. 2011 pas tiré au sort, mais j'ai découvert vu la chose en prenant le dossard de Ludo, sous la flotte. Cette année j'y vais seul, quand-même pour voir le massif du Mont-Blanc côté italien. Été de canicule et sécheresse, je m'entraine moyennement, j'arrête l'alcool le 15 août, le saucisson le 20, bien habitué au chaud et au sec...........quelle bonne idée ! Les prévisions météo sont devenues exécrables au fil des jours, l'organisation envoie des SMS de mise en garde froid et pluie. Déjà seul c'est pas marrant, voyage, trainer dans Chamonix, manger ma gamelle de pâte ....bouuuuuu

Dans la nuit des trombes d'eau, je me dis qu'au même moment ceux de la TDS doivent en baver. Le bus pour passer le tunnel était assez tard, lever pas trop tôt, petit déj balèze, sac complet vu la pluie qui tombe je dois prendre un maximum de vêtement de rechange. Soucis n° 1 : bouchon à l'entrée du tunnel, puis le bus se gare à 2 km...........je suis à la bourre, ils n'ont pas attendu. Je termine mon sac de course et celui qui retourne à Chamonix en catastrophe, je ne peux plus entrer dans mon sas de départ, et ils annoncent des coupures de parcours, (pas la tête de la tronche et pas la tête aux vents) et encore des prévisions de météo très défavorables. Ma super montre est vide, c'est malin, je ne comprend pas.

Départ, course, montée en marche rapide, course à nouveau, déjà dans des petits groupes de mon petit niveau, au loin le premier final du Grand col Ferret : tout bouché. Au ravito du pied du col un gars nous oblige à mettre la veste ben tien pourquoi ? les ennuis vont vraiment commencer. Entrée dans le brouillard suitant vers 2000m, neige sur la fin à 2500m, de la boue. 15 km de descente raide en courant tranquille ravito La Fouly. La pluie se mets à tomber drue, encore 15 de descente facile. des petites suisses sont devant leur maison pour ravitailler, avec du sirop ! : trop gentil. Remontée à Champex doucement pour ne pas refaire le coup de la crise d'hyper ventilation 2011. Là ils ne sont pas sympa, 35 min d'attente pour les pâtes, mais je mange bien et je change les couches inférieures. Il y a énormément d'assistants de coureur, y en a qui se changent totalement. Sortie de la tente sous la pluie battante, nuit noire, 700 m de montée dégueu entre des rochers et ruisseaux, à 1700m la pluie s'arrête : c'est la neige maintenant, sommet de Bovine 2100m, une grange bienvenue, début de baston avec ceux qui doublent à la soupe. Trempé, mains glacées, je me change de nouveau. J'arrive encore à courir tant que je peux sur les plats -/+ au moins pour me réchauffer, grosse descente casse-gueule : chemin de boue grasse au milieu de la neige. Trient 2h du matin : la pluie redouble. Je mets mes tout-derniers vêtement sec, mais il pleut toujours et je suis encore très mouillé, ils annoncent -10° de ressenti à Catogne 2000m. Il y a de dizaines d'abandon ici. Là je suis inquiet, je fais même demi-tour à 500m pour réfléchir, une maman de coureur très sympa veut me donner une polaire, elle m'aide à m'enrouler dans ma couverture de survie; gant trempé, sous-gants, chaussettes, sac plastique autour : je mets tout ce que je peux pour les mains. De toutes façon pour abandonner faut attendre 2 à 3h le bus, alors c'est reparti avec un groupe de galère, en fait je me sens blindé à ce genre de temps pourri, ça monte régulièrement type randonnée rapide, vent glacial, 10 cm de neige en haut, faut pas trainer. Je vois un type passer dans une flaque de boue jusqu'aux aux mollets, puis un autre qui avait cassé un lacet perdre une chaussure aspirée par une autre flaque de boue. Descente sur Valorcines hyper raide, ces abrutis ne savent pas faire des sentiers en lacets, racines, pierres, ruisseau de boue; la pluie s'arrête = brouillard en forêt, avec une lampe frontale faible je vois à peine mes pieds.

Je ne sais pas comment, je ne suis jamais tombé, j'ai à peine dérapé 3 ou 4 fois. Mon objectif de 20 h disparait, je ne peux pas (même peut-être par temps sec sur le tour d'origine) pis je n'ai pas de montre. Retour Chamonix par des montagne russes, rive gauche cette année, long, très long. Comme les autres j'essaye de faire le malin en courant, pas longtemps.

Arrivée avec des applaudissements du tonnerre !!!Sur 1900 il y a dû avoir 400 abandons (60% sur la TDS la veille) j'ai dû finir dans les 1350, en 23h30.

Bon repas, 2h30 de sieste et maison. Lendemain nickel, aucune fatigue, aucune courbature, j'aurais peut-être pu forcer un peu.

En fignolant le matériel (gants, lampe) j'y retourne tout de suite !!!
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